- Définir et reconnaître une infox (fake news) et ses différentes formes
- Comprendre les mécanismes de propagation sur les réseaux sociaux
- Maîtriser les techniques de fact-checking et de vérification d'images
- Identifier un deepfake (hypertrucage vidéo/audio/image)
- Comprendre comment l'IA générative amplifie la désinformation en 2025
- Connaître les outils de détection IA et le cadre légal européen (AI Act)
Développer son esprit critique face aux informations en ligne et aux contenus générés par l'IA, et acquérir des réflexes de vérification pour ne pas se laisser manipuler.
— Avez-vous déjà partagé une information qui s'est révélée fausse ? Comment l'avez-vous découvert ?
— Pensez-vous pouvoir reconnaître une vidéo ou image générée par IA à coup sûr ?
— Selon vous, pourquoi les fausses informations se propagent-elles plus vite que les vraies ?
Partie 1 — Qu'est-ce qu'une infox ?
Une infox (contraction de "information" et "intoxication", traduction française de "fake news") est une information fausse ou trompeuse, présentée comme vraie, diffusée dans le but de manipuler l'opinion publique à des fins commerciales, politiques ou idéologiques.
Avec l'infobésité (surcharge d'information), la méconnaissance des mécanismes du web et la facilité de partage sur les réseaux sociaux, les infox se propagent aujourd'hui à une vitesse sans précédent.
Chiffre clé : une étude du MIT (2018, confirmée depuis) montre que les fausses informations se propagent 6 fois plus vite que les vraies sur Twitter/X, car elles génèrent plus d'émotions (surprise, indignation, peur).
| Type | Description |
|---|---|
| 🎣 Piège à clic (clickbait) | Histoire fabriquée pour attirer des internautes via un titre sensationnel et augmenter les revenus publicitaires. Ex : "Vous n'allez pas croire ce que..." |
| 📢 Propagande | Histoire créée pour tromper le public et promouvoir un point de vue partisan ou politique. Souvent diffusée par des États ou partis politiques. |
| 😂 Satire / Parodie | Contenu humoristique qui peut être pris au sérieux par des internautes n'ayant pas compris l'intention parodique (ex : The Onion, Le Gorafi). |
| 🏃 Scoop raté | Journaliste publiant une information sans avoir vérifié toutes les sources. Erreur involontaire mais aux mêmes effets qu'une infox délibérée. |
| 📰 Titre trompeur | Article en partie vrai mais dont le titre exagère ou déforme le contenu. La majorité des gens ne lisent que le titre avant de partager. |
| 🫧 Bulle de filtre | L'algorithme présente des contenus confirmant nos croyances. Les informations partisanes se propagent dans des communautés fermées qui n'en doutent pas. |
Les infox exploitent des failles naturelles du raisonnement humain, appelées biais cognitifs :
- 🔄 Biais de confirmation : on croit plus facilement ce qui confirme ce qu'on pense déjà
- ⚡ Effet de répétition : une information vue plusieurs fois semble plus vraie (même si elle est fausse)
- 😨 Biais émotionnel : les informations qui provoquent peur, colère ou indignation sont partagées 6x plus
- 🏃 Paresse cognitive : on partage sans lire l'article entier (juste le titre)
- 👥 Conformisme social : si nos amis partagent, on fait confiance par défaut
- 🤖 En 2025 — IA générative : les contenus générés par IA sont rédigés avec un style convaincant et sans fautes, rendant la détection encore plus difficile
Travail 1 — Identifier le type d'infox
Identifiez le type d'infox pour chaque exemple :
- A. "URGENT : Ce vaccin cause la stérilité ! Partagez avant que ça soit censuré !" (vrai sur la forme, faux sur le fond)
- B. Un site humoristique titre : "Emmanuel Macron annonce la semaine de 3 jours" — des milliers le partagent comme vraie info
- C. Une chaîne YouTube avec 2M d'abonnés publie une vidéo à partir d'un seul témoignage non vérifié
- D. Instagram vous montre uniquement des articles confirmant vos opinions politiques
- A. Propagande + Piège à clic : titre anxiogène, but de manipulation, invitation au partage
- B. Satire / Parodie mal comprise : le Gorafi par exemple publie des articles humoristiques souvent pris pour réels
- C. Scoop raté : source unique non vérifiée, erreur journalistique
- D. Bulle de filtre : l'algorithme renforce les croyances existantes
Partie 2 — Le fact-checking : comment vérifier une information ?
🇫🇷 En français
🔍 Recherche inversée d'images
🌍 En anglais
⚡ Actualité janvier 2025 — La fin du fact-checking chez Meta
Mark Zuckerberg (PDG de Meta) a annoncé le 7 janvier 2025 mettre fin au programme de fact-checking sur Facebook et Instagram aux États-Unis, licenciant les vérificateurs de faits. Elon Musk avait fait de même sur X (ex-Twitter). En réponse, l'ONG La Réponse Tech a lancé Vera, un bot IA de vérification disponible via WhatsApp, pour pallier ce vide.
Travail 2 — Fact-checker une information
Vous recevez ce message WhatsApp :
Décrivez les étapes de vérification que vous effectueriez avant de partager (ou non) ce message, en utilisant la méthode C.U.R.V.E.
C — Source : Qui a publié ? Un compte anonyme sur X n'est pas une source fiable. Chercher l'auteur originel.
U — URL : Le site qui relaie ressemble-t-il à un vrai média ou est-ce un site imitateur ?
R — Recouper : AFP Factuel, CheckNews en parlent-ils ? Si aucun média sérieux n'en parle, c'est suspect.
V — Date : La photo est-elle récente ? Une ancienne photo peut être réutilisée hors contexte.
E — Image : Faire une recherche inversée sur Google Images pour vérifier l'origine de la photo. En 2025, vérifier aussi si l'image est générée par IA (via Illuminarty ou SynthID).
→ Ne JAMAIS partager avant d'avoir vérifié. L'urgence et la peur sont des signaux d'alerte classiques des infox.
Partie 3 — Les deepfakes (hypertrucages) : l'IA au service du faux
Un deepfake (ou hypertrucage, terme officiel français) est une image, vidéo ou audio générée ou modifiée par IA pour faire paraître quelqu'un en train de dire ou faire quelque chose qu'il n'a jamais dit ou fait.
Le terme vient de "deep learning" (apprentissage profond) + "fake" (faux). Selon l'AI Act européen (juillet 2024), un deepfake est défini comme "tout contenu audio, image ou vidéo manipulé par IA présentant une ressemblance avec des personnes, objets, lieux ou événements réels".
Exemples réels 2024-2025 :
- Un employé de multinationale à Hong Kong a transféré 25 millions de dollars à des avatars IA lors d'une visioconférence deepfake
- En France, une femme (Anne, 53 ans) a perdu 830 000 euros dans une arnaque sentimentale avec un faux Brad Pitt généré par IA
- 98 % des vidéos deepfake en ligne ont un caractère sexuel non consenti (2023)
59% des Français jugent facile de repérer un mouvement des lèvres peu naturel, mais seulement 33% repèrent un clignement d'yeux anormal (GoStudent 2025).
Face à l'explosion des contenus générés par IA, des outils de détection automatique ont émergé :
- 🔍 Illuminarty (app.illuminarty.ai) : analyse si une image a été générée par IA, avec un score de probabilité
- 🔍 AI or Not (aiornot.com) : détection rapide d'images IA
- 🔍 Hiya Deepfake Voice Detection : analyse l'authenticité d'un fichier audio
- 🔍 SynthID (Google DeepMind) : filigrane invisible intégré dans les contenus IA de Google pour les identifier
- 🔍 Content Credentials (C2PA) : standard international d'étiquetage des contenus IA, adopté par Adobe, Microsoft, OpenAI
⚠️ Limite importante : l'IA n'est pas infaillible
En août 2025, 35% des réponses des principaux chatbots IA contenaient des fake news (NewsGuard). ChatGPT se trompait dans 40% des cas sur des sujets sensibles. Perplexity, qui réfutait 100% des fausses affirmations un an plus tôt, est passé à 46,67% d'erreurs en raison d'une dépendance accrue à des sources en ligne peu fiables.
- 🇪🇺 AI Act européen (juillet 2024) : les deepfakes doivent être étiquetés comme contenus IA. Les plateformes sont tenues de détecter et signaler ces contenus. Sanction possible jusqu'à 6% du CA mondial.
- 🇫🇷 France : le contenu généré par IA est sanctionné si la personne représentée n'a pas donné son consentement. Les deepfakes à caractère sexuel sont automatiquement punis — jusqu'à 2 ans et 60 000 € d'amende.
- 🇺🇸 États-Unis — Take It Down Act (mai 2025) : nouvelle loi instaurant des sanctions particulières quand des enfants sont ciblés ou dans des cas de sextorsion par deepfake.
- 🔴 Danger électoral : 2024 a été l'année record avec 76 élections nationales dans le monde. Les deepfakes ont été utilisés dans plusieurs campagnes pour diffuser de la désinformation (Allemagne, Honduras…).
Travail 3 — Analyser des cas réels de deepfakes
Analysez ces situations réelles et répondez aux questions :
Questions : Quels signes auraient dû alerter ces personnes ? Comment peut-on se protéger de telles arnaques ?
Signaux d'alerte (cas Hong Kong) : vérifier via un autre canal (téléphone direct) avant tout transfert important. Un directeur financier ne demande jamais un virement urgent en visioconférence sans documentation officielle.
Signaux d'alerte (cas Anne) : une célébrité qui vous contacte directement sur Instagram est une arnaque quasi-certaine. Les transferts d'argent à une personne rencontrée en ligne uniquement sont le principal signe d'arnaque.
Se protéger : mettre en place un mot de code secret avec ses proches pour vérifier l'identité lors d'appels urgents. Ne jamais transférer d'argent sans vérification physique ou téléphonique indépendante.
Partie 4 — L'IA générative amplifie-t-elle la désinformation ?
Les outils d'IA générative (ChatGPT, Midjourney, Sora, ElevenLabs…) ont radicalement changé le paysage de la désinformation :
Nouvelles formes de désinformation IA :
- 📝 Textes générés automatiquement sans faute, crédibles, à l'échelle industrielle
- 🖼️ Images IA photoréalistes d'événements qui n'ont jamais eu lieu
- 🎙️ Clonage vocal : reproduire la voix de n'importe qui depuis 3 secondes d'audio
- 🎬 Vidéos deepfake de personnalités politiques tenant des discours inventés
- 🌐 Sites web entiers de faux médias générés par IA avec faux journalistes
Le 7 janvier 2025, Mark Zuckerberg annonce mettre fin au programme de fact-checking sur Facebook et Instagram aux États-Unis, remplacé par un système de "community notes" (notes communautaires) similaire à X (ex-Twitter).
- Elon Musk avait déjà licencié les fact-checkers de X dès son rachat en 2022
- Les deux réseaux combinés représentent plus de 5 milliards d'utilisateurs
- Les experts craignent une explosion de la désinformation sur ces plateformes
- L'Union Européenne a rappelé que le Digital Services Act (DSA) oblige les grandes plateformes à lutter contre la désinformation en Europe, sous peine d'amendes pouvant atteindre 6% du CA mondial
- En réponse, le bot IA Vera a été créé pour compenser ce vide sur WhatsApp
Travail 4 — Débat : l'IA est-elle une menace pour la vérité ?
Question : "L'intelligence artificielle représente-t-elle une menace irréversible pour la vérité et la démocratie ?"
Par groupes de 4, préparez des arguments :
- Groupe A — Pour : l'IA menace la vérité (exemples, chiffres)
- Groupe B — Contre : l'IA peut aussi protéger la vérité (exemples)
Durée : 15 min de préparation + 15 min de débat
Arguments "Pour" (menace) : deepfakes incontrôlables, chatbots diffusant des fausses infos (35%), coût de production d'un deepfake → 0€, impossibilité de vérification à l'échelle, fin du fact-checking chez Meta.
Arguments "Contre" (protection) : outils de détection IA (Illuminarty, SynthID, C2PA), IA de fact-checking (Vera), AI Act européen, transparence forcée, éducation aux médias améliorée.
Nuance importante : l'UNESCO parle d'une "crise épistémologique" — le simple soupçon qu'un contenu soit faux suffit à semer le doute, même sur des contenus authentiques ("liar's dividend").
Exercices — Vérifie tes connaissances
Q1 — Selon une étude du MIT, les fausses informations se propagent combien de fois plus vite que les vraies ?
Q2 — En France en 2023, quel pourcentage d'internautes déclarent avoir vu une information jugée fausse en ligne ? (INSEE)
Q3 — Le Gorafi est un exemple de quel type d'infox ?
Q1 — En France, les tentatives de fraude par deepfake ont augmenté de combien entre 2024 et 2025 ?
Q2 — En août 2025, quel pourcentage des réponses des principaux chatbots IA contenaient des fake news ? (NewsGuard)
Q3 — L'AI Act européen (2024) impose que les deepfakes soient :
Q1 — Pour vérifier si une photo circule dans un autre contexte que celui présenté, on utilise :
Q2 — Vera est un outil de fact-checking créé en réponse à :
Q3 — Quel indice visuel est le PLUS difficile à repérer dans un deepfake selon les Français ? (GoStudent 2025)
Ma synthèse
| Notion | Définition / Chiffre clé 2025 |
|---|---|
| Infox (fake news) | Information fausse présentée comme vraie. 56% des Français en ont vu une (INSEE 2023). |
| 6 types d'infox | Clickbait, propagande, satire, scoop raté, titre trompeur, bulle de filtre. |
| Biais cognitifs | Confirmation, répétition, émotionnel, paresse, conformisme. Les infox les exploitent. |
| Fact-checking C.U.R.V.E. | Chercher source, URL, Recouper, Vérifier date, Examiner images. Outils : AFP Factuel, CheckNews, TinEye, Vera. |
| Deepfake / Hypertrucage | Contenu image/vidéo/audio généré par IA. +700% de fraudes en France (T1 2024→2025). |
| Détection deepfake | Observer : yeux, dents, mains, contours, lèvres, texte. Outils : Illuminarty, SynthID, C2PA. |
| AI Act (UE, 2024) | Les deepfakes doivent être étiquetés. Sanction jusqu'à 6% du CA mondial. |
| IA & chatbots | 35% de réponses erronées sur sujets sensibles (NewsGuard, août 2025). Vérifier toujours les sources. |
| Meta & fact-checking | Fin du fact-checking sur Facebook/Instagram (janv. 2025). Réponse : création du bot Vera. |
- Comprendre ce que signifie s'inscrire sur un réseau social d'un point de vue juridique (CGU, contrat)
- Connaître ses droits : droit à l'oubli, RGPD, récupération des données
- Identifier les différentes formes de cybermalveillance
- Connaître les sanctions pénales du cyberharcèlement
- Savoir réagir et signaler une situation de cyberviolence
Comprendre le cadre légal qui régit l'utilisation des réseaux sociaux et savoir identifier, réagir et signaler toute forme de cybermalveillance.
— Avez-vous déjà lu les conditions générales d'utilisation d'un réseau social avant de cliquer sur "J'accepte" ?
— Que se passerait-il si une photo embarrassante de vous apparaissait sur Google ?
— Avez-vous déjà été témoin ou victime d'une situation de cyberviolence ?
Partie 1 — S'inscrire sur un réseau social : un acte juridique
S'inscrire sur un réseau social, c'est signer un contrat : en cliquant sur "J'accepte", vous êtes légalement engagé par les Conditions Générales d'Utilisation (CGU).
L'artiste Dima Yarovinsky a réalisé en 2018 l'installation "I Agree" pour illustrer la longueur absurde de ces documents. Combien de temps faut-il pour les lire ?
Source : installation "I Agree" — Dima Yarovinsky (2018), données mises à jour 2024
Travail 1 — Analyser les CGU d'un réseau social
En acceptant les CGU d'Instagram, vous acceptez notamment (extrait simplifié) :
- Qu'Instagram peut utiliser vos photos dans des publicités
- Qu'Instagram peut partager vos données avec ses partenaires commerciaux
- Que vos contenus publiés appartiennent toujours à vous, mais Instagram a une licence d'utilisation mondiale
Sur votre feuille : Ces clauses vous semblent-elles normales ? Lesquelles vous semblent abusives et pourquoi ?
Clause potentiellement abusive : l'utilisation de vos photos dans des publicités sans rémunération ni accord explicite à chaque fois peut être considérée abusive.
Licence mondiale : même si vous êtes propriétaire de vos photos, Instagram peut les utiliser pour n'importe quel usage commercial dans le monde entier, gratuitement.
Protection : le RGPD encadre certaines de ces pratiques en Europe. Vous pouvez demander la suppression de vos données à tout moment (droit à l'oubli).
Partie 2 — Vos droits numériques : RGPD et droit à l'oubli
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est en vigueur dans toute l'Union Européenne depuis mai 2018. Il vous garantit :
- 🔍 Droit d'accès : demander et télécharger toutes les données qu'une plateforme possède sur vous
- ✏️ Droit de rectification : faire corriger des données inexactes vous concernant
- 🗑️ Droit à l'effacement (droit à l'oubli) : demander la suppression de vos données
- 🚫 Droit d'opposition : refuser certains usages de vos données (ex : publicité ciblée)
- 📦 Droit à la portabilité : récupérer vos données dans un format réutilisable
- ⏸️ Droit à la limitation : bloquer temporairement le traitement de vos données
👉 Vous pouvez télécharger toutes vos archives (publications, messages, photos) sur chaque réseau social via les paramètres → "Télécharger vos données"
Instauré par la Cour de justice de l'UE en 2014, le droit à l'oubli numérique permet à chacun de demander le déréférencement de pages web contenant des informations portant atteinte à sa vie privée ou à sa réputation.
Une fois déréférencées, les pages ne sont plus accessibles via les moteurs de recherche (Google, Bing…) même si elles existent toujours sur le site d'origine.
Comment en faire la demande ?
- Utiliser le formulaire de déréférencement disponible sur Google (search.google.com/search-console)
- Justifier de son identité et du motif de la demande
- En cas de refus ou difficulté : saisir la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés)
E-réputation : ce que l'on trouve sur vous en tapant votre nom sur Google s'appelle votre e-réputation. Elle peut impacter votre vie professionnelle et personnelle.
Travail 2 — Exercer ses droits numériques
Situation : Léa, 16 ans, a posté une photo embarrassante lors d'une soirée il y a 2 ans. Cette photo est indexée sur Google et peut être vue par n'importe qui, y compris ses futurs employeurs.
Répondez sur votre feuille :
- Quels droits peut-elle invoquer ?
- Quelles démarches doit-elle suivre ?
- Qui peut l'aider si les plateformes ne répondent pas ?
Droits invocables : Droit à l'effacement (RGPD) + Droit à l'oubli numérique (CJUE 2014).
Démarches :
- 1. Contacter directement le réseau social pour supprimer la photo
- 2. Utiliser le formulaire de déréférencement Google
- 3. En cas d'échec : saisir la CNIL (cnil.fr)
- 4. Si c'est une photo partagée par quelqu'un d'autre sans accord : plainte pour atteinte à la vie privée
Aide disponible : CNIL, 3018 (cyberharcèlement), cybermalveillance.gouv.fr
Partie 3 — La cyberviolence : formes, loi et sanctions
La cyberviolence désigne le harcèlement et toutes les violences commises à l'aide d'outils numériques. Elle se caractérise par son amplification via internet, qui agit comme une caisse de résonance.
- 🖼️ Détournement de photo / deepfake : manipulation d'images pour humilier
- 📹 Vidéo humiliante : partage sans consentement de vidéos compromettantes
- 💬 Insultes et menaces : messages haineux répétés par messages privés ou commentaires
- 📢 Propagation de rumeurs : fausses informations diffusées massivement
- 🔒 Usurpation d'identité : création d'un faux profil au nom d'une autre personne
- 📸 Sexting non consenti (revenge porn) : partage d'images intimes sans accord — délit pénal depuis 2016
- 🎮 Happy slapping : filmer une agression physique et la diffuser en ligne
- 🚫 Exclusion répétée : isoler délibérément quelqu'un des groupes et discussions
On parle de cyberharcèlement lorsque ces actes sont répétés (article 222-33-2-2 du Code pénal).
📜 Article 222-33-2-2 du Code pénal — Cyberharcèlement
Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de :
- 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (cas général)
- 2 ans et 30 000 € si la victime est mineure ou vulnérable
- 3 ans et 45 000 € si les faits ont conduit la victime à se suicider ou le tenter
📜 Autres infractions numériques courantes
- Revenge porn (partage d'image intime sans accord) : jusqu'à 2 ans et 60 000 €
- Usurpation d'identité numérique : jusqu'à 1 an et 15 000 €
- Diffamation en ligne : jusqu'à 12 000 € d'amende
- Incitation à la haine (propos racistes, homophobes…) : jusqu'à 1 an et 45 000 €
🔴 Attention : même les mineurs peuvent être poursuivis pénalement. À partir de 13 ans, la responsabilité pénale peut être engagée.
Travail 3 — Qualifier juridiquement des situations
Lucas partage sur son story Snapchat une photo de sa camarade prise à son insu dans les vestiaires.
Emma publie un commentaire négatif sur le restaurant de son voisin en inventant qu'elle y a trouvé un cafard.
Hugo poste une critique (vraie) et argumentée d'un film qu'il a détesté sur Letterboxd.
Un groupe de lycéens crée un faux compte Instagram au nom d'une camarade et publie des contenus humiliants en son nom depuis 3 semaines.
Situation 1 : Atteinte à la vie privée + photo sans consentement + diffusion = jusqu'à 2 ans et 60 000 € (revenge porn aggravé si caractère sexuel).
Situation 2 : Diffamation en ligne (fausses informations portant atteinte à la réputation) = jusqu'à 12 000 € d'amende. Elle peut aussi engager sa responsabilité civile.
Situation 3 : Liberté d'expression protégée, tant que la critique est basée sur des faits avérés et non sur une invention.
Situation 4 : Double infraction : cyberharcèlement répété (art. 222-33-2-2) + usurpation d'identité numérique — jusqu'à 2 ans et 30 000 € en tant que mineure victime.
Partie 4 — Comment réagir face à la cybermalveillance ?
(e-Enfance)
internet-signalement.gouv.fr
cnil.fr — Plainte en ligne
⚠️ Les plateformes (Instagram, Snapchat, WhatsApp) ont l'obligation légale de traiter les signalements et peuvent supprimer les contenus et bannir les auteurs dans un délai de 24h pour les contenus les plus graves.
Exercices — Vérifie tes connaissances
Q1 — Combien de temps faut-il pour lire les CGU d'Instagram ?
Q2 — En France, à partir de quel âge peut-on s'inscrire seul sur un réseau social ?
Q3 — Le droit à l'oubli numérique permet de :
Q1 — En 2025, quel pourcentage des jeunes de 6-18 ans sont victimes de harcèlement ou cyberharcèlement ? (e-Enfance/3018)
Q2 — Le cyberharcèlement peut être puni de :
Q3 — La principale plateforme par laquelle se produit le cyberharcèlement en France est :
Q1 — Quel est le numéro national gratuit pour les victimes de cyberharcèlement ?
Q2 — Quelle doit être la première réaction face au cyberharcèlement ?
Q3 — La plateforme PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) permet de :
Ma synthèse
| Notion | Définition / Chiffre clé 2025 |
|---|---|
| CGU | Contrat à accepter pour s'inscrire. Instagram : 86 min de lecture (17 000 mots). |
| Âges légaux (France) | -13 ans : interdit. 13-15 ans : accord parental obligatoire. +15 ans : autonome. |
| RGPD | 6 droits : accès, rectification, effacement, opposition, portabilité, limitation. |
| Droit à l'oubli | Déréférencement de pages Google portant atteinte à la vie privée. Instauré par la CJUE en 2014. |
| Cyberharcèlement | Actes de cyberviolence répétés. Touche 37% des 6-18 ans (e-Enfance oct. 2025). Puni jusqu'à 3 ans et 45 000 €. |
| Signalement | 3018 (cyberharcèlement), PHAROS (contenus illicites), CNIL (données), cybermalveillance.gouv.fr |
| E-réputation | Ce que Google affiche sur vous. Peut impacter votre vie pro. Protégée par le droit à l'oubli. |
